Le teint blanc, la peau glacée, les yeux fermés, allongé sur ce lit, dans cette chambre où je et tu n'est jamais allé auparavant. Mon dieu, mais est-ce vraiment toi ? J'aurais préféré retarder tout cela. Que tu restes encore quelques années de plus. Que tu ris avec moi et mon frère comme tu l'as si bien fait. Mais non, tout ça, c'est fini. Je te regarde. Je ne dis rien. Je suis vide, tellement vide. Je ne suis même pas parvenue à aller plus loin que l'entrée de cette porte. Je ne pouvais pas te toucher. C'était au-dessus de mes forces. Alors je restais là, silencieuse à regarder les personnes assissent à côté de toi pleurer, te prendre la main. Mais au final, à quoi bon te toucher ? Tu ne sentais plus rien. Quelques minutes ont passé. Je t'ai tourné le dos pour aller m'asseoir dans cette « salle d'attente », cette salle dont je me souviendrais toujours. Puis des hommes sont arrivés. Ils t'on pris. Je les ai vu t'emmené dans leur voiture. Nous les avons suivis. Nous sommes arrivés dans un autre endroit. J'écoutais distraitement ce que disaient les grandes personnes. J'ai juste pu déposer une rose sur toi. C'est fini. Nous partons. Nous allons dans l'endroit le plus horrible pour vivre le plus horrible moment de ma vie. C'est là-bas que j'ai compris, que j'ai pris conscience que je n'allais plus jamais te revoir. J'ai vu ces hommes te descendre au fond d'un trou. Je voulais les en empêcher. Mais je n'ai pas pu. J'ai cru mourir. Je pleurais. Je n'arrivais pas à m'arrêter. C'était à ce moment-là que j'ai compris que rien ne sera plus comme avant.
Tu vois, ça va faire 7 ans... et je souffre toujours, j'y pense et repense. Ces moments me reviennent en tête. Me donne l'envie de pleurer. J'ai grandis et pourtant je ne comprends toujours pas pourquoi tu nous as quittés aussi vite ni pourquoi ces hommes t'on emmené si loin de nous. Aujourd'hui encore, quand je vais sur ta tombe déposer une fleur, j'ai ce regard vide et sans expression, le même que lorsque je t'ai vu sur ce lit, allongé et sans vie.
Tu me manques.